D.E.U.G. Arts Plastique - Image Photographique - Université Paris VIII

Licence Arts Plastique - Université Paris I - Panthéon Sorbonne

Performances :

Tract-Action et autres performances - Bayeux 1983

Laisser continuer le processus - Plages de Normandie 1984

Processus métabolique - Paris 1984

Expositions (collectives pour la plupart) :

10 000 Photos pour une autre photographie - Bayeux 1985

Interférences - Bayeux 1987

Salon d'automne des artistes amateurs - Lisieux 1996/1997

D'un certain point de vue - Lycée Fernand Léger - Flers 1998

Participation :

Psyché-Vidéo - ELECTRA - MNAM Paris 1983

Salle à manger photographique - mois de la photo Paris 1985

D'une exposition à l'autre - Paris Audiovisuel - 1986

Depuis 2010 - Photographie animalière

Voici ma réflexion photographique, pas simple en photographie animalière, mais j'ai des pistes de travail :

"On dira sans préparation et sans façon d'un portrait de César que c'est César, et d'une carte d'Italie que c'est l'Italie"

                                                                                                                                                                                             Logique de Port-Royal

Qui plus est d'une photographie, dont on évoque généralement ce qu'elle est censée représentée avant même de la voir.

Si l'essence même de l'art fût un temps, notamment pendant la période classique, l'imitation la plus parfaite de la nature, jusqu'à vouloir tromper l’œil, il est depuis apparu de nouveaux concepts artistiques dont on ne peux nier l'existence.

C'est en cela que certaines de mes images veulent mettre en lumière, en tentant de s'approcher au plus près de leur représentation, la distance plus grande encore qui les sépare.

Au delà de considérations théorique et artistique, il s'agit de prendre conscience des enjeux actuels de l'image, et plus spécifiquement encore de l'image photographique, au travers de manipulations à la fois techniques et plastiques qui peuvent être réalisées.

"La question de l'illusion fait partie du système de représentation."

                                                                                                          Rosalind KRAUSS    

Si l'image photographique inaugure un nouveau type d'image, si l'image photographique apparaît comme la première des nouvelles images, ce n'est pas simplement en raison de son caractère multiple; l'image à toujours figuré historiquement du côté de la multiplicité, de la pluralité. Et ce n'est pas davantage en raison de son caractère non tant d'image que de trace, d'indice ; toute image est en même temps trace de son procès d'engendrement.

Si l'image photographique peut être dite inaugurer un nouveau type d'image, c'est avant tout parce qu'elle apparaît comme un processus permettant d'engendre une multiplicité d'image, de traces-images, du négatif (raw) aux différents tirages agrandissements, recadrages, projections, impressions...Qui peuvent en être faits.

L'image photographique ne saurait s'identifier à aucune de ses manifestations, à aucun de ses représentants, qui ne sont pas de simples occurrences. Multiple et une à la fois, une photographie est à la fois même et autre qu'elle même dans ses différentes manifestations, dans les différentes utilisations qui en sont faites.

La notion de support, mise en avant par le formalisme dans l'analyse de l'image picturale moderne, est une notion clef pour bien comprendre le rôle novateur de l'image photographique face à toutes les autres images. Le support plan du tableau, mis en avant par les théoriciens de la modernité, est lui même déterminé par le support, lui aussi plan de la cimaise d'exposition.

L'image photographique vient renverser toutes ces conceptions dans la mesure où sa matérialité n'est pas une mais multiple, non localisable. Elle a une infinité de supports possibles. Elle a donc perdu, plus encore que l'image en général, sa propre identité, sa spécificité. Loin d'être attachée à un support spécifique, l'image photographique est transférable de supports en supports, sur une pluralité de supports.

La photographie, instrument du discontinu, s'est trop souvent réfugiée dans la contemplation de l'éternel, de la beauté, de la mort. Ébahissement du spectateur devant le ça-a-été, imitation du cinéma par des séquences nostalgiques d'une continuité temporelle et d'une progression narrative, la photographie s'est voulue outil d'investigation du réel par le jeu de la contiguïté au référent, par son contact au réel, s’efforçant de le représenter dans sa perception photographique.

En n'étant substantiellement irréductible à aucun modèle pas plus qu'à aucun de ses représentants, l'image photographique distancie déjà jusqu'à l'anéantissement, l'objet qu'elle est censée représenter.

Si la photographie convoque au sein de sa démarche, contradiction, confusion et ambiguïté, elle donne la priorité à l'image présentée et se présentant, exploitant son paradoxe de singularité et de pluralité, et met ainsi en image le processus récurent qu'est la photographie.